
Messages: 72 Date d'inscription: 13/06/2011
 | Sujet: Histoire d'un pays dévasté Lun 13 Juin - 16:39 | |
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– Flash Info Spécial – Samedi 13 Octobre 2012 –« Mesdames et messieurs, nous interrompons notre programme pour donner priorité à l’information. Aujourd’hui, à 17h31 heure locale, un séisme de magnitude 7,7 sur l’échelle de Richter a été enregistré au large des côtes sud-est japonaises. Bien que sa force soit inférieure à celui, dévastateur, de l’année passée, les spécialistes craignent de graves conséquences en raison de l’emplacement de l’épicentre. Celui-ci est en effet situé à 110 km de Tokyo. Tout de suite, nous retrouvons notre spécialiste… »
 - Tensai ha wasureta koro ni yatte kuru - Les catastrophes arrivent toujours lorsqu'on les oublie Comment se reconstruire lorsque la vie semble s'acharner à vous détruire ? Cette question, nombre de japonais se la sont posée après cette nouvelle catastrophe. Au-delà les des bâtiments et des dégâts matériels, c'est toute la vie d'un peuple qui fut chamboulée. L'économie, la santé, l’éducation, l’industrie… tous ces fondements de la société avaient été mis à mal par le déchainement de la nature. Le gouvernement avait perdu nombre de ses membres et de sa crédibilité. La population n’avait plus confiance en leur capacité à remettre sur pieds le pays. Le moral était au plus bas tandis que la criminalité battait des records. La puissance japonaise s’effritait. Bien sûr, la solidarité fut plus que jamais présente. Dans un discours émouvant, l’empereur appela au retour de ses expatriés pour reconstruire le Japon et à l’aide internationale. Mais un peuple sans espoir est un mur sans ciment. Le vent du renouveau vint de là où on ne l’attendait pas.
 - Tama migakazareba hikari nashi – Une pierre précieuse ne brille que si on l'astique
Matsushita Itsuki, fils de Matsushita Machii, était le quatrième chef des Shiroi dokuga, les White Fangs. Du haut de ses 34 ans, il dirigeait l’un des clans de yakuzas les plus respectés à Tokyo. Cette organisation établie depuis plusieurs générations avait su s’infiltrer dans la société moderne sous couverts d’entreprises et associations légales et s’imposer ainsi aux yeux de tous. En tant que leader, il était un homme très respecté, et ce malgré ses légendaires éclats de voix…
« Comment ça Rika-chan ne pourra peut-être pas être soignée ?! » « Apparemment, ils n’ont ni le matériel ni le personnel nécessaire suite au… » « Le matériel ça s’achète et le personnel ça se recrute ! » « Leur budget a été réduit, boss… » Itsuki fixa les subordonnés inclinés devant lui avec irritation. Il souffla profondément pour retenir son envie de frapper quelque chose. Il s’enfouit dans son canapé les yeux plissés, alors que ses hommes le fixaient dans l’expectative. Il cria soudainement le nom de son comptable, l’appel résonnant dans toute la demeure. Un homme rondelet apparut bientôt, le front luisant. Itsuki glissa un bras autour de ses épaules.
« Qu'est-ce que tu dirais d'investir dans un hôpital ? » « Euh, mh… tout dépend de l’hôpital Mitsushita-sama… » « L’hôpital universitaire de Keio. » répondit l’un des hommes présents sous le regard inquisiteur de son boss. « Ah… Un hôpital universitaire… ah… cela risque d’être compliqué… » « En quoi ?! » demanda Itsuki en resserrant sa prise. « Hum… eh bien, le budget… » commença le pauvre homme, sa voix baissant jusqu'à devenir inaudible. « Peu importe ! Fait ce qu’il faut, achète toute l'université si nécessaire ! » « Mitsushi-sama ! En tant que gestionnaire de votre capital, je dois vous avertir que c’est extrêmement… » « Oy ! Rika-chan est la gamine la plus mignonne de ce coin du pays et elle fait les meilleurs dangos du monde alors si elle a besoin de soins, elle sera soignée, c’est clair ?! » Le pauvre comptable hocha vivement la tête, un geste difficile à réaliser quand l'on vous agitait par le cou comme un prunier.
 - Kanban ni itsuwari ari – L’habit ne fait pas le moine
Avril 2013. Rentrée des classes. Université de Keio.
« Hana, tu les as vu ? » « Difficile de les rater ! Alors c’est vrai ce qui se dit, ils contrôlent les lieux ? » « Oui ! Il parait qu’ils sont là parce qu’une prof a été agressée ce matin. Ils ont quadrillé le quartier et apparemment le type a passé un sale quart d’heure… » « Quand même… des yakuzas, ici, ça craint, non ? » « Tu plaisantes ? Ҫa n’a jamais été aussi calme depuis des mois ! Même les grosses têtes de Todai se sont inscrites à Keio cette année : là-bas c’est devenu la zone ! » « C’est vrai… Mes parents ont fait transférer mon petit frère à l’école primaire de Keio : des balles perdues ont cassé les vitres de son ancienne école, tu te rends compte ?! » « Franchement, devoir compter sur les yakuzas pour faire le travail de la police, c’est le monde à l’envers… »
Tokyo n’est plus que l’ombre d’elle-même, mais n’ayez crainte, car en son cœur brille encore une perle. Une perle protégée par les crocs acérés d’une société désespérée.
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